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Politique financière de l'entreprise
Pour beaucoup, la politique financière de l'entreprise se résume a l’obtention des sources de financement necessaires au moindre cout, cad a sa fonction de negociation. Le champ est en realite notoirement plus large. Il y a predominance de l’industriel sur le financier, de l’actionnaire, et de l’environnement.La politique financiere s’apprecie en fonction de certains criteres qui peuvent servir d’objectifs mais peuvent aussi conduire a des decisions erronees.
I. Le cadre de la politique financiere
Dans des groupes financiers, la politique financiere prime sur toute autre consideration mais dans l’immense majorite des entreprises, elle est subordonnee a la strategie industrielle et commerciale.
• Les strategies industrielles et commerciales
Les strategies industrielles et commerciales n’ont qu’un but : s’extraire d’un marche concurrentiel pour se constituer une rente (grace aux marques, brevets, barrieres a l’entree industrielles = taille minimale, etc, barrieres legales= concessions, droits...). Il est necessaire de prendre conscience que l’environnement est fluctuant, ce qui necessite de s’y readapter continuellement. Il y a toujours un relation entre risque et rentabilite, qui s’equilibre plus ou moins vite selon la liquidite du marche et ses couts d’entree et de sortie.
Le BCG a demontre au debut des annees 1960 que plus le volume cumule de production etait important, plus le prix de revient unitaire etait faible. De meme, plus l’entreprise croit vite par rapport a son secteur, plus ses couts industriels sont bas, et plus elle est en mesure de resister a la concurrence, et donc de survivre. Dans ce cadre, le role du financier est de fournir a l’entreprise les moyens financiers de cette politique de croissance interne. La politique financiere liee a une strategie industrielle de croissance externe aura pour objet de menager a l’entreprise des reserves de liquidites importantes (pe debut 1987, BSN disposait d’environ 1,3 milliards de francs de disponibilites). Plus une entreprise est proche de son point mort, plus elle est sensible a une diminution de son chiffre d’affaires. Plus elle en est eloignee, plus elle est financierement stable. Toute politique industrielle doit alors etre appreciee en fonction de son implication sur le point mort de l’entreprise. Elle souhaitera diminuer son niveau, et le risque industriel avec. Une telle reflexion ne peut etre menee independamment du secteur de l’entreprise. Par exemple, l’integration en amont peut accroitre considerablement le point mort de l’entreprise et son risque industriel, mais dans un secteur en croissance, le pari de l’industrialisation peut etre tente car l’activtite croit normalement plus vite que le point mort ne s’eleve.
• L’actionnariat
Les actionnaires prennent les decisions de politique industrielle et financiere. Le MEDAF indique que tout titre financier est caracterise par sa rentabilite esperee et par son risque de marche. On minimise le risque par la diversification (c’est ce qui est fait par les SICAV, FCP).
MM ont demontre que la valeur globale de l’entreprise est identique, quelque soit sa structure financiere (hors fiscalite), ce qui fait que l’actionnaire est tout a fait indifferent a la politique financiere de l’entreprise. De meme, l’investisseur totalement diversifie est indifferent a la politique de distribution de l’entreprise (car ce qui n’est pas distribue augmente le cours de l’action).
La theorie de la politique financiere de l’entreprise ne s’applique pas quand les dirigeants sont actionnaires majoritaires et meme souvent minoritaires. Lorsque le dirigeant n’est pas actionnaire ou qu’il detient une part infime du capital, on est loin de la theorie economique classique de l’entrepreneur (la fonction d’utilite des dirigeants et actionnaires a pour seul argument la maximisation du profit). On peut concevoir l’entreprise comme un ensemble de contrats entre les differents pouvoyeurs de facteurs de production (salaries, cadres, fournisseurs...), chacun d’eux ayant une fonction d’utilite propre : theorie des droits de propriete (JACQUILLAT, LEVASSEUR). Differentes techniques ont ete developpees pour resoudre ces conflits d’interet potentiels, en faisant converger les interets des dirigeants non actionnaires avec ceux des actionnaires : stock option, salaires indexe sur le benefice, plan d’achat d’action...
• L’environnement financier
On peut arguer que la theorie financiere denie a la politique financiere toute utilite puisqu’elle est incapable de modifier le patrimoine des actionnaires (seulement maximisation de variables fiscales ou de montages juridiques). Mais en fait, l’assertion theorique de l’inefficacite de la politique financiere suppose que les investisseurs aient des portefeuilles parfaitement diversifies (tres rarement le cas). Surtout, la politique financiere depend de l’environnement financier.
Une economie d’endettement voit la predominance de la finance indirecte (passage par des intermediaires et notamment des banques) et les marches de capitaux ne jouent qu’un role limite dans le financement de l’economie. Seule une faible part des investissements est financee par l’emission de titres, les entreprises sont fortement endettees aupres des banques, les taux d’interet sont administres et ne refletent pas l’equilibre entre l’offre et la demande des fonds susceptibles d’etre pretes. Correspond a la France jusqu’au debut des annees 80.
Au contraire, une economie de marches financiers voit predominer le processus de la finance directe, cad le financement directement sur le marche. Les banques distribuent essentiellement des credits aux particuliers pour des investissements immobiliers ou aux PME qui n’ont pas acces aux marches financiers. Les taux d’interet sont susceptibles d’amples variations. La France s’en rapproche : augmentation de capital, emissions d’obligations, billets de tresorerie...
Dans une economie d’endettement, le taux d’inflation est maintenu par les pouvoirs publics proche des taux d’intérêt, ce qui entretient le systeme. Les entreprises ont alors une forte incitation a s’endetter (annees 60-70), a surinvestir, a realiser des investissements a forte valeur patrimoniale, a surproduire des stocks sur la cession desquels l’entreprise realise des plus-values. Les marches financiers se sont developpes en France au debut des annees 1980 apres l’apparition en mais 1979 de taux d’interet reels sur les emprunts d’etat, puis sur l’ensemble des obligations cotees en bourse.
Le directeur financier a beaucoup plus de marge de manoeuvre dans une économie de marche de capitaux.
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